Ma méthode de travail, ma philosophie

L’anamnèse :
Comment est-ce que j’ai débuté mon activité ?
Une prise de conscience par un événement personnel m’a permis de comprendre que « mon truc à moi » c’est les bébés.
J’étais animatrice pour enfant depuis 10 ans, l’enfance je maitrise ! 😉
Mais finalement, je me suis rendue compte que le public qui me touche le plus ce sont les mamans avant et après la naissance de leur tout petit.
Mon rêve aurait été d’être sage-femme mais la vie ne me permettait pas de reprendre mes études.
C’est alors, que s’est imposée l’idée, au cours de l’été 2012, de devenir photographe de nouveau-né.

Et non, je ne suis pas une photographe passionnée de photo, mais bien une photographe passionnée de bébés…

Niveau technique, j’étais nulle, je ne savais même pas ce qu’était un réflex (pour moi c’était une gestuelle).
Mais j’étais sure de moi, je voulais photographier des nourrissons.
J’ai alors contacté la sage-femme près de chez moi pour compléter mes connaissances.
J’étais maman de deux petits garçons dont le plus jeune avait 10 mois mais certains détails pouvaient encore être à revoir, corrigés ou complétés.
Elle a toujours répondu présente à mes demandes et mes interrogations.
J’ai vraiment été soutenue par cette professionnelle.

Voilà… ça, c’est pour le tout commencement de mon activité.
Ensuite évidemment, comme je voulais aussi être une très bonne photographe je me suis formée à la photographie par des grands noms du métier tels que :
Claude Fougeirole, Bernard Audry, Mathilde Magne…
Des gens reconnus par des titres tels que Meilleur Ouvrier de France, QEP, MQEP, Portraitiste de France et j’en passe…

Donc, quand je lis de ci de là, que nous, photographes de nouveau-né, nous gavons les bébés à coup de lait sucré, ou que nous en faisons des petits loukoums, (j’ai envie d’être vulgaire là tout de suite !), je fais des bonds sur mon tabouret et j’ai envie de monter sur le toit de mon studio pour hurler que mon but premier est le bien être des bébés !

Alors bon… je me calme et prend le temps deux minutes pour vous expliquer, moi, comment je travaille :

A votre arrivée, j’invite les parents à déshabiller leur bébé.
Non pardon, d’abord on se dit bonjour, je prends des nouvelles du bébé et de la maman !
Ben oui, je me préoccupe vraiment des gens qui viennent me voir.
Je connais chaque histoire, de chaque bébé que je photographie.
Certains ont des histoires joyeuses, d’autres un peu plus tristes.
Je suis humaine avec beaucoup d’empathie !
Ce qui compte, c’est d’instaurer entre les parents et moi une réelle relation.
Ensuite, en effet, faut bien y passer, dans mon studio il y a un petit coin nommé « la salle de bain », avec une table à langer, un micro-ondes si besoin et à disposition des cotons, des lingettes, des produits de toutes sortes pour que le parent retrouve le moyen de change qui lui convient le mieux et adapté aux besoins de chacun.
J’ai aussi des sucettes, on y reviendra plus tard…

Quand le bébé est tout nu, on l’enroule dans une serviette pour ne pas qu’il soit « à l’air » le temps d’aller jusqu’au plateau de prise de vues.
On commence par la photo de famille.
Le bébé est dans les bras de sa maman, il est bercé, câliné…
Le papa prend tout son petit monde dans les bras.
Bref, ils se câlinent, s’aiment.

Photographe de bébé

La température est optimale pour que le bébé soit nu sans avoir froid.
On surchauffe un chouilla (environ 27°C), donc bébé est bien au chaud et ne pleure pas car il a froid. Non, ça non, mais moi par contre… j’en pète le steak !

Ensuite, je fais des images de bébé dans un contenant.
C’est un peu ma marque de fabrique.
J’aime les choses vintages. Je chine, je fouille pour trouver toujours le petit truc original qui n’aura pas ou peu été vu.
J’essaie d’être la plus juste possible dans mes compositions.
Que ce ne soit ni trop, ni trop peu.

Effectivement, ce type d’image requiert une grande vigilance !
Je ne lâche pas bébé tant que je ne le sens pas en totale sécurité.
Le ou les parents, ne sont jamais loin, tout se passe sous leurs yeux.
Si leur enfant était en danger, je pense qu’ils me mettraient un grand coup de latte et me vireraient ! (normal…)
Pour placer l’enfant il faut qu’il soit extrêmement paisible.
Pour se faire, il faut qu’il ait bien mangé, bien chaud et qu’il soit bien câliné.
Qu’il lâche prise car en totale confiance.
Donc on prend un petit moment avec les parents.
Souvent, on boit le café à ce moment là !
Et puis comme je suis un peu bavarde, je vous parlerai sans doute un peu de moi aussi… de mes garçons et vous me parlerez à votre tour de vous…
Bref, on échange quoi !
(zut ! vous allez penser que mon boulot c’est de papoter et boire des cafés !)

Une fois le bébé endormi dans les bras de maman, c’est là que je rentre en piste !
Je place donc l’enfant dans le contenant tout en le rassurant.
Aucun geste brusque ne doit le stresser. je l’apaise. C’est ici que la sucette peut avoir un grand rôle à jouer. Car endormir un bébé, nu dans un contenant… ok j’ai de l’expérience mais je ne suis pas magicienne.
Le besoin de succion chez certains bébés peut être très fort et pour l’apaiser cela restera le meilleur moyen.
Je pense notamment à un petit Ethan, (bisou Véro et Richard si vous me lisez ! 😉 ) dont les parents étaient contre la sucette. Ils sont venus avec la sucette juste pour la séance. J’en ai eu besoin, je m’en suis servie et ils l’ont re-éliminer juste après.
Ce n’est pas quelque chose d’irréversible.
on câline, on câline, on câline !
A FOND LES BALLONS !
Aussi, pour éviter tout stress, je photographie sans flash. Les images de nouveau-nés sont réalisées en lumière naturelle.
L’enfant est donc dans le contenant, bien endormi.
Je ne lâche pas l’enfant des yeux, je l’observe et le « sonde » (si on peut dire) à chaque instant.
J’anticipe. Les mimiques sont révélatrices de désagrément ou au contraire de confort.
Je fais mes quelques images. L’enfant ne bouge pas, je bouge autour de lui pour multiplier les angles de prise de vues.

Photographe Montauban

Une fois que cette partie est achevée, c’est une bonne chose de faite car nous avons réalisé le plus dur.
Je replace bébé dans les bras de maman le temps d’installer le grand pouff qui me sert du support pour faire mes images « bébé-couverture ».
Dans les bras de maman, il peut soit avoir de nouveau faim, se réveiller un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout ! Cela dépend de l’enfant.
Donc, ON S’ADAPTE !
On s’adapte à lui, à son rythme, ses besoins…
Il peut avoir fait caca dans le plaid ou il était emmitouflé quand il était dans le seau donc on va faire une petite toilette.
Ou s’il à faim, nous lui donnerons une tétée !
On ne fait que suivre le rythme du bébé.
Donc en effet, une séance peut durer 1h30 (rêve pas ! c’est super rare !) jusqu’à 3h ou 4h (ouai, là c’est plus réaliste déjà !).
Une fois que nous avons de nouveau un bébé endormi, apaisé, dans les bras de maman.
Rebelotte !
(Non pas le café ! la pose !)

Je prends le bébé, pour l’installer sur le grand pouff avec un joli plaid/tissus/fond que les parents auront choisis.
Je lui fais prendre une petite pose mignonne, suivant son tonus.
Je manipule le bébé de mes petites mimines toutes douces.
Je suis ses mouvements à lui, je le guide mais il me guide aussi.
Certains bébés n’acceptent pas la pose à laquelle je pensais, d’autres montrent clairement une préférence. Bref, ce sont eux qui « décident ».
En séance, je passe deux heures à manipuler l’enfant c’est souvent à ce moment là que l’on peut se rendre compte de quelque chose.
Pour certains bébés, je vais même donner quelques conseils ou recommander de voir un osthéo car je sens bien sa petite épaule là, qui claque et que ça n’est pas normal.
En tous les cas, ils seront dans une pose qui leur convient.
Si ça ne leur convenait pas, ils ne dormiraient pas.
C’est aussi simple que ça.
Aussi, comme je veux respecter au mieux la réalité, je ne fais pas de « composite » (composition de deux images pour faire un montage).
Les images que vous voyez sortant de ma production sont réelles.

Photographe bébé

Le « bébé-couverture » est renouvelé une deuxième voir une troisième fois si le bébé nous le permet.
je me stoppe dès qu’il me montre le moindre signe de lassitude.
Car oui, je sens aussi, quand le bébé en a « marre ».
Et si je dis que l’on est au bout de la séance c’est parce que je sais que le bébé en a bien besoin.
Je ne force pas l’enfant, je ne recolle pas une tétée juste pour continuer.
Et si j’ai assez d’image mais qu’il est encore disposé, je me stoppe aussi.
Il ne sert à rien de continuer de le manipuler si j’ai suffisamment de matière à travailler.

Voilà.
Et quelques jours plus tard, les parents viendront visionner leurs images.
Souvent la maman, me demande un kleenex.
C’est à ce moment là, que mon travail prend tout son sens…

Je photographie environ 50 nouveau-nés par an et cela depuis 2012.
En matière de bébé, je commence à taquiner !

C’était ma petite tribune, pour dire que non, je ne mal-traite pas les bébés mais bien au contraire, dire combien je les aime.

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